Régime alimentaire contre le diabète

Dans cet article on approfondit le sujet du régime alimentaire pour les personnes diabétiques, car il y a des différences importantes entre le diabète chez les hommes et celui chez les femmes. Pour mieux comprendre le diabète sucré auquel cet article fait référence, je vous invite à lire aussi l’article « Que manger en cas de diabète sucré« . Nous ne traitons pas dans cet article le diabète chez l’enfant ou le jeune adulte.

Le diabète chez les hommes et chez les femmes

En général, le diabète chez les hommes est plus dangereux que chez les femmes menstruées, car chez ces dernières la régulation glycémique est modulée par la variation des hormones sexuelles, et donc il n’y a pas de fixité métabolique. 

Chez les hommes, en revanche, l’excès d’hormones sexuelles peut favoriser l’apparition et la persistance du diabète. Ces hormones sont gérées par les glandes surrénales, par conséquent l’alimentation de l’homme diabétique doit également avoir pour objectif de protéger les surrénales, ainsi que la totalité de l’activité rénale, dont les dommages pourraient s’avérer lourds de conséquences.

Principes fondamentaux du régime alimentaire contre le diabète

1) Les glucides

Le régime alimentaire contre le diabète doit tenir compte d’un apport modéré en glucides : 50-60g lors d’un repas, de préférence de pâtes, plutôt que de riz ou de pommes de terre, car les chaînes des glucides de ces derniers se séparent plus facilement et donnent donc une hyperglycémie plus rapide.

Les pâtes libèrent les glucides plus lentement grâce à leur richesse en gluten. Elles comportent donc un travail digestif plus conséquent, qui requiert une consommation plus importante de glucides par les cellules pour assurer leur fonction, favorisant ainsi la gestion des sucres chez la personne diabétique.

L’assaisonnement des pâtes se fera à base d’huile d’olive, car c’est un aliment indispensable pour maitriser la glycémie

Le régime alimentaire contre le diabète doit tenir compte d'un apport modéré en glucides.

Dans le régime alimentaire contre le diabète, la gestion de la glycémie varie fortement selon la façon dont les aliments sont cuits. Alors que les pommes de terre bouillies sont hors de question pour un diabétique, ce n’est pas le cas des pommes de terre frites, car la friture freine la décomposition de l’amidon des pommes de terre et, par conséquent, modère aussi la quantité de sucres dans le sang suite à la digestion. On peut également ajouter que la friture active la vésicule biliaire, laquelle se met à consommer plus de glucides pour fonctionner, ce qui provoque une diminution des glucides dans le sang.

Le pain sera limité à 40-50g, en rappelant qu’il est plus hyperglycémiant que les pâtes, du fait de la levure qu’il contient.

2) Les protéines

Le plat sera complété par des protéines animales : 130g de viande, ou 170g de poisson, ou 2 œufs, ou 50g de jambon. Il est clair que ces aliments n’ont pas les mêmes valeurs nutritionnelles et il faudra les introduire dans le régime alimentaire en fonction des caractéristiques de chacun.

Dans la gestion du diabète masculin, on privilégiera le poisson ou l’œuf, sans jamais exclure totalement la viande et en la choisissant blanche pour éviter une fatigue rénale qui pourrait être provoquée par les purines de la viande rouge.

Dans le régime alimentaire pour la femme, la viande sera préférée dans la première moitié du cycle menstruel, tandis que le poisson sera préféré dans la deuxième phase afin de ne pas surcharger l’augmentation naturelle du travail rénal.

Principes fondamentaux du régime alimentaire contre le diabète

Le fromage est un aliment difficile à utiliser par une personne diabétique, du fait de sa teneur élevée en glucides et en graisses animales saturées. Pour l’introduire dans le régime alimentaire de la personne diabétique il faut réduire le pain ou les pâtes. La quantité de fromage est d’environ 60 à 80g, à condition qu’il s’agisse de fromage frais, et pas de fromage affiné.

3) Les légumes

Tous les légumes peuvent être utilisés, en tenant compte que chaque légume induit des effets différents sur le métabolisme. 

Pour les femmes, on privilégiera les légumes à haute teneur en fer dans la première moitié du cycle (épinards crus et cuits, endives crues et cuites, pois mange-tout, petits pois). Les légumes diurétiques (asperges, artichaut cru, choux-fleur cru, concombre, chicorée, oignon, fenouil, céleri branche), ou les légumes à haute teneur en iode (ail, choux vert et frisé, brocoli), seront utilisés dans la deuxième phase, lorsqu’il faut contrer la tendance à retenir les fluides corporels.

On recommande une quantité par repas de 150-180g de légumes cuits (poids après cuisson) pour les hommes comme pour les femmes. Les légumes cuits peuvent être assaisonnés avec de l’huile d’olive et du citron, ou sautés dans une poêle avec de l’ail, de l’huile et du piment. La première modalité de préparation sera à privilégier si vous souhaitez impliquer moins la digestion, par exemple dans la période ovulatoire chez la femme, tandis que la seconde sera à privilégier lorsque vous souhaitez avoir une action stimulante puissante sur le foie, par exemple dans la première quinzaine du mois.

4) Les fruits

Les fruits sont des aliments contre lesquels le sujet diabétique doit être mis en garde. En effet, le fructose naturellement présent dans les fruits peut entrainer une hyperglycémie et donc s’avérer potentiellement dangereux. Par conséquent, les fruits doivent être interdits, au moins jusqu’à ce que la glycémie soit revenue à des valeurs normales. Ils peuvent ensuite être réintroduits dans l’alimentation en commençant par les moins sucrés : kiwi, sorbe, pomme verte, grenade, fraise, framboise, mûre. Les fruits très sucrés tels que les raisins, l’ananas, les figues, les bananes et les pastèques sont à proscrire. 

En excluant les fruits, l’organisme risque de ne pas assimiler suffisamment de vitamines et d’oligo-éléments. On devra alors, en plus des légumes cuits, consommer à chaque repas des légumes crus : salade, fenouil, concombre, céleri, …

Exemples pratiques de repas en cas de diabète

Petit déjeuner

Le petit déjeuner du sujet diabétique peut généralement comprendre :

  • 160 g de lait entier ou, de préférence, une tasse de thé ou d’orge
  • 60g de pain
  • 30g de jambon cru ou beurre + œuf mollet.

Selon la gravité du diabète, il sera prudent de se passer de confiture et utiliser une protéine qui n’entrave pas la fonction rénale. De cette façon l’assimilation des glucides du pain est considérablement ralentie par les protéines et les graisses du porc (uniquement du jambon cru et de bonne qualité, en excluant complètement le jambon cuit qui est additionné de lactose et d’autres additifs).

Le diabète chez les hommes et chez les femmes

Déjeuner

Il peut inclure :

  • 50-60g de pâtes, assaisonnées avec des sauces qui ralentissent la libération des glucides (sauce tomate, amatriciana, à l' »arrabbiata« , « ail, huile et piment », …)
  • 130g de viande ou 170g de poisson ou 50g de jambon (pas de fromage, pour les raisons évoquées ci-dessus)
  • deux légumes, l’un cuit et l’autre cru.

L’utilisation du jambon cru en cas diabète est optimale : il s’agit d’une viande qui ne fatigue pas la fonction rénale. Les légumes crus vont apporter des vitamines et des oligo-éléments en remplaçant les fruits, qui ne doivent pas figurer dans le repas du sujet diabétique en raison de leur contenu élevé en sucres rapides.

Le type de cuisson à privilégier est celui avec une matière grasse, notamment l’huile d’olive. L’huile d’olive permet également de diminuer le taux de cholestérol, ce qui est une propriété utile chez la plupart des sujets diabétiques. Il est préférable d’utiliser de l’huile d’olive cuite, car elle stimulera davantage la fonction hépatique.

Dîner

Le dîner comprendra :

  • la même quantité de pâtes et de pain que pour le déjeuner
  • les doubles légumes, cuits et crus. 

Il pourra être complété avec une partie de protéines. Alors qu’au déjeuner il est opportun de stimuler davantage la thyroïde (poissons, brocolis, choux, aubergines…), au dîner il sera préférable de consommer de la vitamine C (poivrons) ou des hypoglycémiants forts (champignons ou oignons crus). Si vous décidez de ne pas introduire de protéines une deuxième fois, vous pouvez utiliser des aliments qui contiennent quand même des quantités minimales de protéines : pâtes aux œufs, beignets de légumes (préparés avec œuf et farine), …

Si vous optez pour la part de protéines, la saucisse bio de pur porc sera un très bon choix : une viande blanche avec graisse, qui se traduit par une forte stimulation hépatique, est toujours utile en cas de diabète.

Donner une nouvelle chance au pancréas

Quand on met  en place d’un régime alimentaire pour une personne diabétique, il faut toujours prêter attention aux besoins précis de chaque individu. Lorsqu’un traitement à base d’insuline est instauré, la prise de sucres simples pour stopper des hypoglycémies fréquentes n’est jamais justifiée. En effet, des hypoglycémies fréquentes indiquent que le pancréas a réussi à produire naturellement une part d’insuline qui, ajoutée à celle injectée, est devenue trop élevée, au point de provoquer des crises d’hypoglycémie. Des événements de ce type nous montrent que le pancréas a encore la capacité de reprendre ses fonctions, même après des années de traitement médicamenteux.

✅ En cas de diabète, l’objectif du régime alimentaire spécifique est de maintenir une glycémie stable, ce qui permet de mener une vie normale. A l’inverse, le sujet qui est obligé de faire un ajustement toutes les 1-2 heures, c’est-à-dire de prendre par exemple un morceau de chocolat, du pain et du jambon ou 2 cuillères à café de sucre, est un sujet à haut risque, car ces oscillations de glycémie sont dangereuses pour l’équilibre général.

Le régime alimentaire du diabétique doit toujours tenir compte des changements physiologiques et pathologiques de son organisme, du type d’activité musculaire, du tonus nerveux de base, de l’état hormonal, … Par exemple, l’état fébrile brûle beaucoup de sucres, donc on pourra ajouter des fruits au régime général proposé et cela ne modifiera pas la glycémie.

Au contraire, le diabétique qui fait plus de travail musculaire que d’habitude, n’aura pas à prendre une plus grande part de sucres simples, car ils seraient rapidement brûlés avec le travail musculaire, générant une plus grande fatigue. Au lieu de cela, il devra prendre des glucides avec l’ajout d’un quota de protéines, capables d’apporter un soutien plus approprié à la fonction musculaire.

Pour la femme diabétique qui est en ménopause, ne pouvant pas utiliser le fromage pour prévenir l’ostéoporose, il faudra s’appuyer sur d’autres sources de calcium : éperlans (888mg%), thé (430mg%), amandes (236mg%) , persil (220mg%), ortie (186mg%), feuilles de navet (169mg%), chicorée (150mg%), noisettes (150mg%), anchois (148mg%), jaune d’œuf (147mg%), calamars et poulpes (144mg %), noix (131mg%), lentilles (127mg%), crevettes (110mg%), moules (88mg%), palourdes, crustacés, escargots, … tout ce qui dans la nature a une coquille calcaire riche en calcium.

➡️ La dernière recommandation pour le diabétique est d’éviter les édulcorants artificiels, qui sont néphrotoxiques (pouvant endommager les reins) et cancérigènes. Le sucre devra être utilisé en petite quantité, ou préférer le miel, qui n’augmente pas significativement la glycémie.

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